PAC air-eau et solaire

PAC air-eau et photovoltaïque en Suisse : l’hiver reste le vrai test

PAC air-eau et photovoltaïque en Suisse : comparez la production par saison, le pilotage, le ballon et l’électricité achetée en hiver.

Publié le 28/09/2026 à 07h07 par Julie Glawi

Maison suisse romande avec panneaux photovoltaïques et unité extérieure de pompe à chaleur air-eau dans une lumière hivernale

Des panneaux photovoltaïques peuvent réduire l’électricité achetée par une pompe à chaleur air-eau. Ils ne couvrent pourtant pas la demande de chauffage comme une simple production annuelle le laisserait croire : la PAC consomme le plus quand les journées sont froides, alors que le toit produit moins, surtout par temps couvert.

Le propriétaire qui prépare les deux projets doit donc comparer les courbes mensuelles, pas seulement les kWh annuels. Le rapport de l’Office fédéral de l’énergie sur les pompes à chaleur et le photovoltaïque rappelle que la combinaison fonctionne mieux quand la PAC, le ballon d’eau chaude et la gestion de l’énergie sont prévus ensemble.

Le solaire aide davantage entre deux saisons qu’au cœur de l’hiver

Au printemps et en automne, la maison demande encore du chauffage et le photovoltaïque produit déjà une partie de l’électricité. La PAC peut alors utiliser directement une partie de cette production, à condition que sa régulation accepte ce pilotage. Le ballon d’eau chaude peut aussi servir de stockage thermique en décalant sa charge vers les heures où les panneaux produisent.

En hiver, le calcul change. Le chauffage tourne davantage le matin, le soir et pendant les épisodes froids. La production photovoltaïque est plus faible et peut devenir presque nulle lors des journées brumeuses sur le Plateau. Le réseau reste donc nécessaire. Une simulation qui additionne simplement production PV et consommation annuelle de la PAC masque ce décalage.

Demandez une estimation par mois avec au moins ces lignes :

- électricité consommée par la PAC pour le chauffage ; - électricité consommée pour l’eau chaude sanitaire ; - production photovoltaïque ; - part consommée directement dans la maison et part injectée ; - prélèvement prévu sur le réseau pendant les mois froids.

Le chiffre annuel d’autoconsommation ne suffit pas non plus. Une installation peut consommer une grande partie de sa production en été et continuer à acheter beaucoup d’électricité en janvier. Pour le réglage de la PAC, la question du ballon d’eau chaude doit rester séparée du chauffage des pièces.

Le pilotage vaut mieux qu’un toit rempli de panneaux

Le rapport de l’OFEN sur les pompes à chaleur et le photovoltaïque décrit plusieurs leviers : interface de gestion de l’énergie, signal de pilotage, ballon d’eau chaude et stockage thermique du bâtiment. L’idée est de déplacer une partie des usages flexibles vers les heures de production solaire, sans chauffer inutilement la maison.

Dans un devis, cherchez le fonctionnement prévu plutôt que le seul mot « compatible photovoltaïque ». Faites préciser :

- l’interface disponible entre l’onduleur, la gestion de l’énergie et la PAC ; - le mode de commande retenu, par exemple un contact de pilotage ou une communication ouverte ; - les plages où le ballon peut être chargé en journée ; - la limite de température appliquée au ballon et au circuit de chauffage ; - la réaction de la PAC quand la production PV baisse brusquement ; - les mesures et compteurs qui permettront de vérifier le résultat après la mise en service.

Un ballon surchauffé pour absorber chaque surplus peut réduire l’efficacité de la PAC ou dégrader le confort si la régulation est mal réglée. Le rapport OFEN insiste sur l’efficacité du système, surtout en hiver : l’autoconsommation ne doit pas conduire à faire fonctionner la machine à une température inutilement élevée.

Le bâtiment reste le premier levier

Le photovoltaïque ne corrige pas une PAC surdimensionnée, des radiateurs trop petits ou une courbe de chauffe mal réglée. Les services cantonaux de l’énergie et de l’environnement indiquent qu’une PAC air-eau fonctionne plus favorablement avec une température de départ basse. Les radiateurs existants doivent donc être vérifiés avant de fixer la puissance de la machine. L’article sur les radiateurs et la température de départ détaille les relevés à demander.

L’isolation, les vitrages et les températures intérieures modifient aussi la consommation. Une maison qui perd beaucoup de chaleur demandera davantage d’électricité pendant les périodes où le photovoltaïque est le moins disponible. Avant d’agrandir le champ solaire, faites chiffrer les besoins du bâtiment et le comportement de la PAC aux températures extérieures de calcul.

Le prix d’une PAC air-eau en Suisse doit alors être lu avec les postes électriques et de régulation : raccordement, compteur, gestion de l’énergie, ballon, éventuel stockage thermique et mise en service. Ces éléments peuvent être absents d’une offre qui mentionne seulement la machine et les panneaux.

Deux devis, un même scénario

Demandez un scénario commun aux installateurs de chauffage et de photovoltaïque. Il doit préciser l’état du bâtiment, les températures de départ, la puissance de la PAC, la production PV attendue, le ballon, les règles de pilotage et la consommation du réseau par saison.

Les aides ne se déduisent pas d’un montant national. Pronovo présente les programmes fédéraux liés au photovoltaïque, tandis que les subventions pour une PAC et le remplacement d’un chauffage dépendent du canton et des conditions du programme ouvert. Vérifiez les démarches avant de commander ou de commencer les travaux.

Avec ces données, vous pouvez comparer le coût brut, l’électricité réellement achetée en hiver et la part de production solaire utilisée sur place. Vous pourrez ensuite décrire votre projet à un installateur en Suisse romande avec un dossier qui parle du bâtiment, pas seulement de la puissance installée sur le toit.

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